Quel dimanche ! Le dernier à Garches, le pied !
Maintenant j’ai une raison de plus d’aller à la messe, ma tonsure de moine !
Le père, dans son sermon, a dit qu’aujourd’hui...
il avait un arc en ciel dans le cœur !
« Il y pleut, parce que je quitte son église, mais il fait un grand soleil, parce que je rentre chez moi ! »
Toute l’église a applaudi !
Après... j’ai eu la permission de sortir et je suis allé à l’appart me faire gâter par mes parents.
Demain si le temps le permet, c’est le grand départ, moi aussi j’ai un arc en ciel dans le cœur !
Je suis heureux de rentrer dans mon Sud, mais je voulais laisser ces quelques mots à tous ceux qui ont pris soin de moi à Letulle 3 :
Les cicatrices
Elles sont là, courant le long de ma colonne ou serpentant sur le côté de mon buste. Nouveaux stigmates de nos vies de « guerriers », preuves de notre force et des ressources de la médecine.
Elles sont là, sur le corps de tous ces enfants, marques de combats gagnés, ou reflets des épreuves à venir. Enfants balafrés par la vie, stoïques devant leurs misères, essence même du courage, leçons de vie et d’humilité.
Elles sont là, dans le cœur des parents, jamais vraiment refermées ou toujours prêtes à s’ouvrir. Traces indélébiles provoquées par la peur, l’impuissance, la rage, l’amour, la culpabilité de ne pouvoir se substituer.
Elles sont là, quelque part dans la tête de ce chirurgien, qui malgré sa connaissance, son expérience et ses heures d’efforts et de travail, connait les limites et les risques de sa science.
Elles ne sont plus que des cicatrices, témoignages de notre préparation par les kinés, du travail de nos médecins, de la patience du personnel soignant, de la gentillesse des accompagnatrices, du sourire des femmes de salle et de tous ceux, qui anonyme, œuvrent pour nous.
Elles ne sont plus que le souvenir de la porte 314, des fresques murales des couloirs de Letulle 3, de mes chahuts avec Pedro et Kevin chambre 318, de mes séances avec mes « barbaresques » de kinés, de « Morphin’Station » en Réa bleu et de mon retour sur terre chambre 312.
Elles ne sont plus qu’un trait d’union avec mes compagnons de voyage, qui comme moi, poussent la porte 314 avec pour seul objectif de repartir le plus rapidement possible, guéris ou soulagés.
Elles ne sont plus que de toutes petites traces, que je garderais enfouies au fond de mon cœur ! Chacune d’elles a un prénom Morgane, Nadine, Stéphanie, Jane, Romain, Alexis, Kalissa, Danielle, Marie-Laure, Abdou, Valérie, Pedro, Antoine, Robert, Kevin, Daisy, Jacques, Claude, Angela, Raphaël, Thierry, Julie, Hassam, Maxime, Sam, Brigitte, Séverine, "Mamie", Stéphane…
Ces petites traces, sont déjà dans mon ciel, autant d’étoiles vers lesquelles iront bien souvent mes pensées, mes remerciements et mes amitiés.
Jean – Baptiste





















































